N°5 - Thomas ROUAULT, cofondateur et PDG de Snowleader...

Thomas RAOULT - Snowleader

Son histoire ressemble à une success-story de la Silicon Valley: née dans un garage, l’entreprise Snowleader a clôturé son dernier exercice avec 13 millions de chiffre d’affaires, et vient de s’offrir des locaux flambant neufs dans le Parc Altaïs. En l’espace de 8 ans, Thomas Rouault a réalisé le rêve de beaucoup : faire de sa passion des sports de montagne, une activité génératrice d’emplois et de revenus. 


BMC – Pouvez-vous présenter votre entreprise ? 
Thomas ROUAULT 
– Snowleader est un site de vente en ligne crée en 2008. L’équipe compte 45 salariés, avec une moyenne d’âge de 28 ans. Nous proposons des articles de sports de plein air et d’activités montagne, avec 250 marques partenaires et 15 000 références produits, expédiés en France et dans le monde (Europe, Japon, Chine, Australie…). Nous comptons à ce jour 300 000 clients, avec un indice de satisfaction de 9,8/10, sur les six derniers mois. Nous avons également ouvert un magasin dans le centre-ville d’Annecy, il y a un peu plus d’un an.

 

BMC – Comment est née l’entreprise ?    
Thomas ROUAULT – Dans un garage au Grand-Bornand! Plus précisément: dans le garage des parents du cofondateur, Gaétan Bastard-Rosset. C’est là que nous avons fait nos premières expéditions, à petite échelle. Je suis parisien d’origine: après des études en école de commerce à Sophia Antipolis, j’ai travaillé 2 ans chez Nike, où je m’occupais du partenariat avec les athlètes. Un de mes collègues m’a présenté Gaétan, son ami d’enfance, qui tenait un magasin de sport au Grand-Bornand.

 

BMC – Depuis sa création, Snowleader connait une croissance exponentielle: imaginiez-vous un tel développement?
Thomas ROUAULT – Pas du tout. Au début, il s’agissait simplement d’une histoire de potes, susceptible de conjuguer mon goût pour la montagne et pour le digital. Le commerce en ligne est apparu comme une évidence, mais les banques étaient frileuses, car ce secteur était beaucoup moins développé qu’aujourd’hui. Le fait d’avoir aussi un magasin de sport a rendu les choses plus crédibles.

 

BMC –  Comment expliquez-vous votre succès?
Thomas ROUAULT – Tout d’abord, je pense que notre constat de départ était juste: à part dans la région alpine, l’offre pour les sports montagne et outdoor est complètement standardisée. On retrouve les mêmes produits partout. Nous voulions donc recréer un magasin de station en ligne, avec de beaux articles de marque qualitatifs, voire «exotiques» ou introuvables ailleurs. Ensuite, Annecy est la capitale européenne des sports outdoor, où sont installés les sièges sociaux de nombreux fabricants et fournisseurs: Salomon, Millet, TSL, Patagonia… Nous avons donc des contacts directs et réguliers avec les marques, qui nous font aujourd’hui confiance. Enfin, nous sommes très bien référencés sur Internet et misons sur un service client exigeant en termes de conseil, de disponibilité produit et de délais d’expédition

 

BMC –  Vous êtes aussi parvenu à créer une image différenciante: l’expert qui ne se prend pas au sérieux.
Thomas ROUAULT – Nous avons accolé le nom «The Reblochon Company» à celui de l’entreprise, pour le clin d’œil à l’activité pastorale du Grand-Bornand, où tout a commencé. Et aussi parce que nous offrons un reblochon fermier pour toutes commandes supérieures à 150€! Nous glissons aussi d’autres produits dans les colis (Crozets, Tomme, Opinel…) et proposons aux clients de faire un don à des associations caritatives – don que nous doublons ensuite. Nous développons cette image et cet état d’esprit à travers notre site web, mais aussi notre boutique d’Annecy. Nous cherchons d’ailleurs des locaux pour en ouvrir d’autres.

 

BMC – À ce sujet: pourquoi avoir à la fois un site de vente en ligne et des magasins? 
Thomas ROUAULT – Le point de vente est complémentaire à l’activité digitale: grâce à notre stock et notre savoir-faire logistique, nous pouvons changer la boutique en quelques jours pour coller à l’actualité, en fonction d’un événement trail ou freestyle par exemple, alors qu’un magasin classique ne fait que deux collections par an. D’autre part, nous avions un petit showroom dans nos anciens locaux pour recevoir des clients. Depuis notre déménagement au Parc Altaïs, nous ne pouvons plus recevoir de clients privés. Nous ne voulions pas perdre ce potentiel de marché, qui est un élément de rentabilité important dans le chiffre global de la société. La clientèle de centre-ville vient régulièrement, car elle aime la nouveauté et le changement.

 

BMC – Revenons à votre entreprise: vous avez inauguré vos nouveaux locaux début octobre. Pourquoi avoir choisi BMC pour leur construction?
Thomas ROUAULT – Nous avons travaillé pendant 6 ans à Alex, dans l’ancienne usine d’assemblage de TSL, qui est devenue trop petite. Nous cherchions des locaux plus vastes déjà construits, avant de trouver finalement un terrain via une agence, qui nous a parlé de BMC. Leur savoir-faire et leurs références dans le domaine scolaire nous intéressaient particulièrement, car le timing est primordial dans notre secteur. Comme notre activité ne s’arrête jamais, nous disposions d’une fenêtre de tir réduite pour le déménagement. Et BMC sait ce qu’est une rentrée !

 

BMC – Quel était votre cahier des charges?
Thomas ROUAULT – Nous avions besoin de 4500m² de locaux pour anticiper notre développement, puisque nous ambitionnons de doubler le chiffre d’affaires et les effectifs dans les 5 ans à venir, grâce à l’export. Nous voulions introduire de la domotique et du confort, à tous les niveaux. Il n’y a, par exemple, aucune clé dans le bâtiment, mais un système de badges RFID, des parkings à vélo, des bornes de recharge pour les voitures électriques…

 

BMC – Vous avez d’ailleurs mis en place beaucoup d’actions en faveur du bien-être des salariés.
Thomas ROUAULT – Nous avons opté pour des locaux spacieux et lumineux, avec plusieurs espaces de détente: une grande cuisine, des canapés, un baby-foot, un salon avec jeux vidéo, une salle de fitness avec vestiaire et douches, ainsi qu’un mur d’escalade. Il y a aussi une terrasse de 200m² sur le toit, avec table de ping-pong, barbecue et chaises longues. Les collaborateurs peuvent venir quand ils le souhaitent, même en-dehors de leurs heures de travail. Et chaque semaine, des corbeilles de fruits frais leur sont livrées.

 

BMC – Quels impacts avez-vous pu mesurer (productivité, résultats, absentéisme…)?
Thomas ROUAULT – Honnêtement, je ne peux pas vous dire quels sont les impacts chiffrés! Je suis un jeune chef d’entreprise, avec une expérience du patronat limité. Disons simplement que j’ai conçu les bureaux que j’aurais aimé avoir, en étant salarié. C’est une question de bon sens: on est plus motivé et on travaille mieux grâce à de bonnes conditions de travail. Les collaborateurs des différents services partagent des moments de détente et de convivialité, apprennent à se connaître, tissent des liens, créent des histoires ensemble: ça fait partie de la culture d’entreprise.

 

BMC – Comment réagissent les salariés?
Thomas ROUAULT – Ils ont l’air d’apprécier, même s’ils ne le disent pas forcément. Avec une moyenne d’âge de 28 ans, Snowleader représente un premier emploi pour beaucoup de salariés. Certains doivent penser que c’est de l’acquis, ou que toutes les entreprises proposent ce genre d’équipements. Pour d’autres, c’est un juste retour des choses: avant le déménagement, les conditions de travail étaient difficiles, car les locaux étaient devenus vraiment trop petits. Tout le monde a fait beaucoup d’efforts. Enfin, certains salariés préfèreraient peut-être une augmentation plutôt que des attentions!

 

BMC – Avez-vous eu un retour de l’administration fiscale, assez pointilleuse en matière d’avantages en nature?
Thomas ROUAULT – Il y a actuellement un bras de fer entre l’Urssaf et le groupe Adidas, qui propose des salles de sport dont peuvent profiter gratuitement les salariés. L’Urssaf considère en effet qu’il s’agit d’avantages en nature, que les salles doivent donc être déclarées et soumises à cotisations. C’est absurde et il est possible que nous rencontrions ce type de mésaventures. Je préfère malgré tout continuer à privilégier le bien-être des salariés et défendre ma vision de l’entreprise.

 

Pour en savoir plus: www.snowleader.com